Randonnée ar imerhan
(ou plus loin quand on peut…….)
Rester un mois immobile devant la maison a écouter des conversations inter-voisines aussi oiseuses que stériles c’est pas tellement ma tasse de thé, faire les cent pas a taqouravth et zigzaguer entre camions et étalages de boutiques non plus !
Alors le mieux c’est de partir vers les hauteurs, là ou on voit le village en entier et en plus calme.
L’équipe de zoulous est prête, les sacs a dos pleins a craquer de victuailles en tout genre ,les bidons de flotte idem ,couteau et appareil de photo, chapeau pour ma pomme et casquettes pour les autres obligatoires because le soleil au zénith ne pardonne pas !
Il est six heures du mat on décolle sous le regard étonné de quelques villageois matinaux, faut dire que c’est assez cocasse, une personne de soixante berges et des gamins en marche d’escalier, le plus jeune étant de 7 ans.
L’équipe ressemble un peu à une classe en sortie champêtre avec leur prof.
Le plus dur c’est de monter de la maison jusqu’au dessus du cimetière des martyrs, au chemin des gardes (avridh legwared),ça tire sur les mollets ,les muscles rouillés par l’inactivité refusent de fonctionner, et te le font savoir ou bien la vie citadine ,pendant une année a marcher sur du plat goudronné, les muscles qui servent a monter ne sont plus habitués et c’est très dur de les réhabituer crois moi !
Mais quand tu auras atteint le début du chemin des gardes, c’est bon !une petite halte(surtout pour moi ) s’impose !le temps de prendre quelques photos, et de reprendre mon souffle, le paysage est magnifique a cette heure (environ 6h30)le soleil est du coté de bhalil, il n’as pas dépasse la crête et c’est tant mieux !
Alors la marche commence le bâton a la main, le sac a dos bien arrimé, on est parti, le plus dur est a venir.
De temps a autre je jette un coup d’œil aux pierres plates qui on glissées au dessus de la route, a l’affut d’un fossile, pour peu qu’on regarde de prés, on a un trésor dans les pierres et cailloux sur les quel on marche, il m’est arrivé de trouver des fleurs fossilisées.
On arrive a el vir oumalou, un coin de forêt, que tout le monde redoute pour ses sangliers et on le dit hanté……
Mais les sangliers a cette heure dorment dans leur soue, ils sont plus de nuit que de jour, quelques geais nous surveillent de loin et poussent leur cris d’alerte (on les surnomme les sentinelles de la forêt) en kabyle ajaghigh.
Des perdrix rouges s’envolent a notre approche, d’un vol saccadé et bruyant, appuyé d’un cri de détresse, c’est vrai qu’elles s’envolent a la dernière seconde et que ça surprend.
Autrement c’est le silence, sauf des zoulous qui blaguent ou chahutent a qui ira le plus vite, je leur dit de ménager leur forces car le chemin va être long Et le plus dur c’est de monter ar imarhen, bien qu’a vole d’oiseau ça semble prés, mais on n’est pas des oiseaux.
En parlant d’oiseaux ,ils sont en pleine nidification, les pigeons ramiers(azidhoudd), thamila (tourterelle des bois) ,les geais ,fauvettes ,sitelles torche-pot, huppes (tibib),verdiers etc mais ils restent méfiants et discrets.
On rencontre quelques personnes qui reviennent d’imerhen,avec leur chargement de fumier qu’il ramassent dans les enclos, ils dorment a la belle étoile et se lèvent dès que les chèvres et moutons sont sortis en pâture pour ramasser et partir.
Arrivé a talaqa ,une pause s’impose !! On laisse choir les sacs sur les rochers, direction l’eau fraiche qui coule sur les bouquets de menthe aquatique et autres herbes plus odorantes les une que les autres.
Première chose a faire c’est de faire couler de l’eau sur l’avant bras pour se refroidir ,se laver les mains et le visage ,là après on peut boire, mon attention est attirée par un enchevêtrement de tuyaux qui trempent dans une petite mare, je demande a mazigh et nassim ils me répondent que c’est l’eau qui alimente le réservoir qui est un peu plus loin et qui va au château d’eau du village…les ponts et chaussées ,ont fait fort !! Sans doute, la chaleur les empêche de travailler, en matière de barrage les castors font beaucoup mieux !les services publics se foutent des gens, faire boire une eau puisée directement d’une mare c’est criminel, les malade des reins, les enfants, les anciens a santé fragile, ils s’en foutent éperdument, ou tout simplement faire le boulot pour lequel il sont payés, bien ! l’amour du travail bien fait ne les étouffe pas !le respect dû aux villageois non plus, pourtant des budgets sont débloqués a tout va, en période électorale, les promesses de même, mais c’est eux qui débloquent en faisant ce genre d’ouvrage et nous qui donnons le bâton pour se faire frapper ,en votant pour ce genre d’énergumène.
(Débloquer en argot=faire, ou dire n’importe quoi)
Quand le torrent est en crue en hiver, c’est de l’eau boueuse, en été c’est un bouillon de culture que les villageois avalent, têtards, algues, crottin d’âne ou d’autres animaux de passage.
Alors que l’eau de la source TALAQA coule par terre, le réservoir est a ciel ouvert et des cailloux tapissent son fond.
Jusqu’au village les tuyaux sont a nu, par endroit ils sont cassés par les éboulements et fuient, l’eau se déverse sur la piste et les gens passent dessus..ou a d’autres endroits au dessus de touladhou ,les tuyaux sont piratés pour arroser des figuiers ,jardins, ou du béton des maisons en construction. Juste au dessus de la source de talaqa ,de cette eau qui coule inutilement par un vieux tuyau en fonte, depuis des lustres, il y a une petite prairie ou il est agréable de se reposer tellement c’est frais et verdoyant, le temps de quelques photos avec les mômes et on repart.
C’est le tronçon le plus dur de l’itinéraire ,une montée cauchemardesque, un sentier raviné par les pluies, caillouteux, rendu glissant par les herbes sèches ,je dit dur ,mais pas pour tout le monde, les zoulous sont déjà devant ça n’a pas l’air de les gêner du tout, ils marchent normalement ou gambadent ou racontant des plaisanteries ou se faisant peur en criant au serpent ou au scorpion !
D’ailleurs ces bestioles pullulent ici, la vipère commune, la vipère aspic d’un rouge vif sous le ventre et petite de taille (faut avoir rien a faire et ne pas avoir peur pour vérifier si le ventre est rouge, je l’ai su en trouvant une vipère morte tout simplement et en vérifiant dans une revue d’herpétologie) , la couleuvre de Montpellier (un nom bizarre pour une vipère made in aghvalou),et c’est tout !!!! il n’y a pas de cobra, de python, boa, serpent a sonnette ou autre serpent sorti de l’imagination fertile d’un berger qui veut plaisanter ou se rendre intéressant en racontant ces fariboles.
PAS PLUS QUE LA LEGENDE DU SERPENT QUI A UNE MECHE DE CHEVEUX SUR LA TETE ,OU DE CELUI QUI ENLEVE SON VENIN AVANT DE RENTRER DANS L’EAU.
Regardez l’anatomie d’un serpent et vous comprendrez, la poche a venin et dans son palais et le venin sort par les deux crochets, qui sont fait comme des seringues, le serpent ne mord qu’en cas de danger ,il est myope et n’a pas d’oreille ni interne ni externe ,mais ressent les vibrations sur tout son corps ,et a un très bon odorat, le venin ne lui sert qu’a immobiliser ses proies.la couleuvre n’est pas venimeuse, mis il vaut mieux ne pas se faire mordre, sa gueule contenant des bactéries qui pourraient infecter la plaie.
LE SERPENT est très bon nageur, mais ne pique jamais dans l’eau !! le scorpion, n’agresse pas, il a tendance a fuir, mais pique si il est agressé, sa piqure, ne vous tueras pas mais vous donneras un très grosse fièvre ( je parle du scorpion blanc qui est dans notre région et non du noir qu’on trouve dans le désert, celui par contre vaut mieux avoir ce qu’il faut a coté si on se fait piquer)
Il vaut mieux faire attention de ne pas toucher un nid de guêpes, c’est beaucoup plus agressif qu’un serpent et très souvent mortelle pour des gens allergiques a leur venin, ou alors piqués par un grand nombre, on dit cinq guêpes = la morsure d’une vipère…………..
Autrement il y a des Fourmies noires, des sauterelles et autres bébêtes sautillantes et rampantes, qui font le bonheur des huppes (tibib) et de plein d’autres oiseaux vivant a ces hauteurs.
Arrivé à mi chemin, sous un vieux chêne, une pause et une bonne gorgée de flotte pour tout le monde, on voit déjà les cabanes des bergers et les bœufs, taureaux et troupeau qui paissent.
Seul mon cousin nassim s’est rendu compte de mon subterfuge, quand je veux faire une courte pause ou boire un coup, je m’arrête et leur raconte une blague, une anecdote ou un cour de science naturelle.
Je les vois sourire en douce avec son complice mazigh.
Une idée reçue aussi au sujet de tibib (ou huppe) c’est vrai qu’elle sent mauvais, par ce qu’elle fait son nid généralement dans un trou d’arbre (tagourzets) ,elle fait aussi de grande nichées et se nourri d’insectes et surtout de Fourmies .
L’acide formique y est beaucoup dans sa mauvaise odeur, et la huppe ne se débarrasse jamais des déjections de ses petits comme le font les autres oiseaux. Si d’aventure il vous viendrait a l’idée de dénicher son nid, les petits
vous accueilleront avec des jets de déjections, une façon comme une autre de se défendre et a chacun ses armes.
Plus qu’une vingtaines de mètres nous séparent de la source fraiche d’imerhen ,mais déjà un taureau nous fait savoir qu’on est pas les bienvenus, on dévie du sentier pour le contourner ,on met les sacs a dos par terre, et croyez moi ça fait du bien !un coup d’œil aux enclos (imerhen en kabyle ),les cabanes de bergers n’ont pas changées depuis mon enfance ,je venais avec le brave âne de mon grand père pour y chercher du fumier……………il y a très longtemps……
Il y a une cabane, qui est restée intacte depuis des lustres, elle est sous un énorme rocher, il me viendrait pas a l’idée, moi le claustrophobe, de dormir sous ce rocher, a cause des serpents qui peuvent s’y nicher, et avoir cette pierre au dessus de la tête comme une épée de Damoclès..Je ne pourrais pas fermer l’œil.
Bien sur pas de troupeau a cette heure, ils sont en pâture, enfin les troupeaux qui restent, ce lui de mes cousins, et celui du village le commun, il y a un berger et les villageois lui confient pour la journée leur bêtes, il est rétribué au mois par tous et par bête.
Que des bœufs et des taureaux livrés a eux-mêmes, des fois des ânes a la retraite, trainent ça et là, fatigués par des années de bon et loyaux services, sont remerciés par leur maitre qui les lâches en montagne, loin des yeux, loin du cœur, attendant patiemment la mort ,ou une meute de chacals qui les délivreront de leur souffrance.
Un jour je vous parlerais de ce noble animal.
Les zoulous ont réussit a repousser le taureau (a coup de pierres), et on a pris sa place a la source, quand les villageois me vantait ces sources, on me disant froides en été et chaudes en hiver, j’ai toujours cru que c’était du vent, du pipeau, mais c’est réel la source n’est pas fraiche elle est froide ! on remplit nos gourdes et bidons ,on se lave et rafraichit et un moment de repos avant la prochaine étape, je regarde au loin une personne qui a du mal ,et a retenir son âne et a charger ses sacs bien trop lourds pour lui ,je me lève et lui donne un coup de main, c’est le bon si Lahlou ,malgré le poids des ans pas une ride, vie saine et bien réglée ,dormir tôt et se lever tôt, une nourriture simple mais saine, pas d’excès, notre génération et celles a venir c’est notre mal bouffe qui nous tuera ,toujours en exagération après une guerre et les restrictions les gens se lâchent en période de paix , c’est « la dose qui fait le poison disait un grec »
Séance photo, des gamins venus pour le fumier se mêlent a nous ,et puis c’est le moment de prendre son barda (mot repris par les militaires français, pour designer le sac a dos qui vient de bredaa ,ou thaverdha ,LE BÂT )plus de montée et c’est tant mieux !!on part vers l’ouest est en biais pour éviter de monter, on vise IGhil ouvawal et on y va, ça glisse avec les herbes, il doit être 10h45 et le soleil commence déjà a bien chauffer il est face a nous, une heure environ pour arriver a ighil ou vawal ,les zoulous commencent a crier famine, la marche est entrecoupée de courtes haltes ,pour des photos ,le panorama est magnifique ,pour se désaltérer, ou pour reprendre notre souffle………… surtout le mien ……….
Une autre idée reçue, la marche ne fait pas maigrir, elle muscle et aide a la digestion, toutes vos calories seront carbonisées, sinon avec tout ce que j’ai marché je devrais entre squelettique, (et quand les gros maigrissent …….que deviennent les maigres .. ??)
Arrivé à ighil ouvawal, c’est l’euphorie générale, deux énormes cèdres bleus nous font une ombre, ma table en pierre est a sa place, tout le monde met le sac a terre .
On déballe notre ravitaillement, pommes a l’huile, purée de piment ,fromage yaourt, sardines et thon a l’huile de la galette du pain, du soda, des œufs durs, biscuits en tout genre et j’en passe et des meilleurs chacun a amené sa gamelle ,mais on décide de tout mélanger et les mômes piochent un peu partout, vive le partage et a bas l’égoïsme !
Faut être fou pour manger du piment a cette altitude, mais tout le ravitaillement y passe, je sauve quelques biscuits, pour les fatigues des autre étapes.
A cette endroit, la vue est magnifique, on voit l’ensemble du village (du moins la face ouest) ainsi que la vallée de la Soummam ,said en profites pour regarder chez lui vers béni Mansour ,il est émerveille de le voir de si haut, quand on veut le plaisanter ,on lui demande si il a le vertige, et que ça le change de son village qui ressemble a un décor de western, la chaleur, les cigales, les épineux qui roulent au vent ,manque que le bon Clint Eastwood ,ou Térence Hill . Il en rigole, il a beaucoup d’humour, c’est la condition pour rentrer dans la tribu des zoulous.
Après l’effort.le réconfort, chacun trouve une place là ou il peut, et c’est la sieste, le parfum du thym sauvage (zaathar) ,un légère brise et c’est le paradis, a cette heure ,c’est le silence absolu, même les cigales mettent leur sono en veilleuse .
Qu’est il arrivé a nos chacals qui pullulaient avant, pourtant le gibier ne manque pas depuis que les autorités ont retiré les fusils de chasse..La perdrix rouge (taskourth),les sangliers (ilfan lekhla),la tourterelle des bois avec son roucoulement particulier ,qui n’a rien a voir avec la tourterelle turque ,couleur crème et collier noir et roucoulement semblable a celui du pigeon biset, qu’on trouve souvent chez les marchand d’oiseaux ,thamila donc celle des bois, a une couleur fauve sur le dos, le collier très prononcé fait le tour du cou, les rémiges de la queue sont alternées noires et blanches.
Dans les années cinquante j’en ai déniché et élevé, mais elles repartent dès qu’elles le peuvent, l’instinct sauvage reprenant le dessus, ou la peur de finir a la poêle…
Et maintenant j’en sourit, en les voyant de mon balcon en Picardie ,se poser sur la pelouse a quelque mètres de moi ,ces tourterelles et pigeons ramiers(azzidhoudh),qui se sont sédentarisés et dépendent de plus en plus de l’homme. Mais l’oiseau sauvage le plus proche de l’homme et ce partout ou vous irez dans le monde, c’est « le moineau friquet, TIZZIWECHT, le piaf, le pierrot, le titi, qu’importe le nom » vous ne trouverez plus de nids de moineau en dehors des villes, il mange ce que l’homme rejette .Le pigeon est domestiqué, le moineau non !
Je reviens aux chacals, on en voit très peu, le renard plus du tout, peu être qu’une maladie les auras décimés… ?
Avant les retraits des fusils il y a une quinzaine d’années, les chasseurs du vendredi tiraient sur tout ce qui bougeait, les perdrix au nid, les sangliers a la soue et les lièvres au gite, en prétextant, qu’il détruisent les récoltes, ou simplement pour faire un carton et revenir comme des tartarins, avec un lièvres ou des perdrix a la main pour en mettre plein les yeux ,a quelques crédules ! quand aux sangliers il restent sur place pour les vautours..enfin.. des fois … La chasse se pratiquait en toute saison, en plus des dénichages, la pose de collets, de trébuchets, glue, chausse-trappe et même je vous le jure de la glue a rat made in Taiwan !
Mais l’oiseau qui paie un lourd tribut, c’est le chardonneret « thimerqemt » attrapé en toute saison, pour être revendu a des oiseleurs ou des algérois en mal de compagnie ou d’exotisme.
Engluée a cause de son plumage magnifique et de son chant, mais ce que ces braconniers en herbe ignorent c’est qu’ils perdent leurs couleur en restant enfermé et aussi a cause d’une mauvaise alimentation, que l’accouplement avec des canaris, ne donne qu’un hybride , aussi stérile que fadasse, alors laissez les s’il vous plait.
C’est bizarre qu’il n’ya aucune association de défense de la nature, vous me direz qu’il n’ya pas non plus celle de la défense de l’humain, mais pour des croyants ,il faut juste leur rappeler que c’est des créatures de Dieu et qu’on a pas le droit de les donner a son enfant pour qu’il joue avec ,qu’on a pas le droit de les trucider rien que pour faire un carton !pas plus le droit d’encager des piafs pour le plaisir, il faut juste fermer les yeux et se mettre a leur place.
Des souvenirs d’enfants me reviennent, quand la foret d’aghvalou était encore une foret, avant que des martinez, Fernandez, Chmidt (ce nom allemand est utilisé pour designer la ficelle (chmiddh) , Pedro et j’en passe, ces va-nu pieds ,venus de malte, d’Italie d’alsace ou du diable ont installé des fours en fonte pour transformer nos chênes séculaires en charbon de bois nos grands parents ont travaillé pour ces gens ,de gré ou de force ,ou il n’avait pas le choix ,il faut vivre ,pour quelque sordi ,du lever au coucher du soleil, le Pedro leur disaient « qi takhdem,qi tkhaless »
Et puis la guerre, le bombardement aériens, les incendies, volontaires ou non, les bergers qui provoquaient souvent ces feux, pour que soi disant une autre herbe repousse pour leur moutons rachitiques, la foudre, les tessons de bouteille de vinasse jeté par un alcoolo de passage qui font loupe et mettent le feu, le mégot jeté volontairement ou non par un conducteur.
On me racontait qu’il y avait des lions, celui de l’atlas a la crinière noire, des(des hyènes rayées, ces animaux sont encore présents dans nos montagnes ou même nos villages) , des léopards, aujourd’hui tout ça est un souvenir, si tu raconte ça a ton fils, il va croire que tu radotes vu l’état de la foret que tu lui décrit et ce qu’il voit réellement.
Bon c’est pas le tout mais faut lever le camp !!les zoulous somnolent, d’autres s’escriment a faire une hélice en férule ,le secret pour ça c’est qu’il faut bien tailler le bord d’attaque et le bord de fuite comme une aile d’avion, t’as vu la graine de frêne qui ressemble a des pales d’hélicoptère ?? ,tout ça pour qu’elle tournoie et qu’elle tombe le plus loin possible pour qu’un autre frêne prenne vie ,la nature fait bien les choses.
Branle-bas de combat on déménage !!là sur cinq kilomètres c’est du plat ,on va vers adrar ath waavan ,on est face au Djurdjura et pas très loin ,destination tanssaouth g’zrem ,assif el gazouz (appelé ainsi pour sa source gazeuse naturelle) ça sera pour une autre fois, il se fait tard on a juste le temps de descendre.
EN 2004 ,on avait fait la même randonnée mais en sens contraire a celui que je vous décrit ,a tanssaouth g’zrem ,on a trouvé une pierre très bizarre, comme un galet bien lisse rond sur un coté, et plat de l’autre ,sur le coté plat il y avait des inscription dans une écriture que nous ne connaissions pas ,je l’ai passé sous l’eau pour enlever la terre et l’ai mise dans mon sac ,comme en prenait le sac encore plein a craquer de bouffe et d’eau a tour de rôle, le gamin k.y . trouvant le sac trop lourd a son gout n’a fait ni un ni deux et a balancé cette pierre mystérieuse, on nous disant après innocemment « il y a que les ânes qu’on charge de pierres ».j’étais en colère, des idées de le jeter lui aussi, dans un ravin, m’ont traversées l’esprit, puis j’ai rit, et on manque pas d’en parler a chaque fois qu’on se voit et moi de lui réclamer ma pierre, sous peine que je le prenne en otage, mais là ,rien qu’a le nourrir je serais perdant…………..
Je reviens aux reptiles, c’est plutôt a tamourth gwada pour le caméléon « thatha »si elle vous mord, ce qui serait que justice si vous la chahutez, elle vous relâchera sans « qu’un âne ne brait en pleine mer « mais elle est farouche et avec sa façon de se confondre dans la végétation vous aurez du mal a la trouver ,et puis je vous dit de suite toute guérison miraculeuse, en la mangeant c’est du vent ! pas plus que vous n’aurez une grande lignée en mélangeant du caméléon en poudre a votre couscous quotidien, sinon les allocations familiales seraient débordées.. la Soummam , c’est pour la tortue « ifker »,décimée ,par des enfants ,vendues sur les souks comme panacée comme son cousin ,il y a encore des gogos qui achètent ce genre de remèdes ,au souk de tazmalt j’ai vu deux stand de soi disant herboristes ,margoulins en puissance a la parole facile ,doté c’est vrai du don d’élocution et de persuasion ,qui vendent de tout et n’importe quoi ,sans connaître la vraie nature des plantes et leur dangerosité ,je crois fermement a la vertu des plantes, mais certains ,ne pensent qu’a se remplir les poches et sont capables de tout !que dire de la personne qui a dit a un malade ,de mettre une hache dans de l’eau pendant un mois et de boire cette eau pleine de rouille ,il en a réchappé de justesse !ou celui qui fait boire au souk ,de l’avoine macérée dans un seau en fer ,et de dire a tous les jobards qui faisaient la queue ,que c’est bon pour toutes les maladies connues ,y compris le « H I V « …
Vous savez, monter c’est un calvaire, mais descendre une pente est encore plus éprouvant ,ça glisse ,le centre de gravité de la personne est changé et il faut bien regarder ou on met les pieds, sous peine de se ramasser une bûche !les genoux ,on les dirait disloqués et vont dans tous les sens ,pour utiliser le mot de mon ami Tahar « jelwihen »
Essayez de descendre par tharmoult !vous m’en direz des nouvelles.
Donc on a entamé notre descente vers tanssaouth g ‘zrem,en biais et en dehors des sentiers ,nos affaires s’accrochent aux bois brulés ,seules les férules sont debout ,leurs feuilles on séchées et la tige centrale est dressée tel un mat .
La férule me rappelle l’école de thagnits ivawen avec « Mr. betioui »il avait toujours cette férule « oufal »,pour nous surveiller et au besoin ,si on faisait une bêtise de nous l’abattre sur les doigts ou sur le crane, la férule ,ça fait mal ,mais ça blesse pas (a part l’amour propre) même très violemment !elle ne casse pas, elle ne sert pas qu’a tabasser les cancres ,mais aussi a confectionner des, paniers « aqva » pour le transport des figues , des légumes ou comme je vous l’ai dit des hélices .
Arrivé a la piste qui nous mène vers tanssaouth gouzrem ,c’est plat et le chemin est propre ,ça repose un peu de marcher sur du plat ,on a fait une très grande descente par des bouts de sentiers escarpés, on est a plat !
A tanssaouth gouzrem,c’est le silence total, un geai lance son cri en nous voyant, les brandons de bois brulé ,nous ont taché noir et on transpire comme des veaux ! Arrivé en fin de piste, donc au dessus de agouni hithem, le champs de mon grand père que j’ai défriché en 1963 ,j’avais 16 ans a peine, je me suis farcis, toutes les souches, les retirer et les descendre jusqu'à la nationale ce qui n’est pas une mince affaire ,pour un adolescent, maintenant le champs est devenu une ceriseraie…
Les cigales ont repris leur concerto, la légende dit qu’elles chantent jusqu'à éclater..ce qui est complètement faux, la femelle cigale pond ses œufs dans un terrain, et ses larves ,restent « SEPT ANNEES » sous terre pour se développer ,elle remontent en «été » pour se reproduire ,et mourir a la fin de l’été, elle ne passe pas de temps a rechercher de la nourriture, elle se nourrit de sève ,donc la nourriture est partout, elle passe le plus clair de son temps a striduler (frotter ses ailes l’une sur l’autre la nature l’a dotée d’une caisse de résonnance ,sorte d’amplificateur ,elle n’éclate pas ,ce qu’on trouve sur les arbre c’est sa mue, elle change de peau comme les serpents.
Donc de cet emplacement, tu vois le village, majestueux et on entend tout les bruits, surtout les jours de mariage ou il y a plusieurs sonos a la fois, qui débitent, des musiques idiotes. On descend, le moment que je redoute le plus, un faux pas et tu te retrouve la tronche sur les rochers, les jambes semblent incontrôlables, de temps en temps on dérange un lézard qui se prélasse au soleil, faut pas tomber sur le gros lézard vert « avel lah lah « très agressif, sa particularité c’est de se mettre debout et de courir sur ses pattes arrières.
Arrivé au vieux frêne des Ath Slimane, on voit amizav n’dahmane on l’entend même s’écouler, depuis ma plus tendre enfance, je l’ai toujours vu s’écouler ainsi, par le même tuyau en fonte, au même rythme ,au même débit.
Tout les gens de passage, s’y arrêtent, pour remplir leur bidon, se rafraîchir ou abreuver leurs animaux.
Les zoulous sont déjà en place ,tout le reste des provision et de sortie, biscuits, soda enfin tout est bon ,et faut ramener les sac vides !
On se lave un bon coup, l’eau est très fraiche, pour ne pas dire froide, séance photo et je jette un coup d’œil, au champs de mes cousins, tous sont en friche, sauf celui de ma mère adoptive, elle y est pratiquement tout les jours, a désherber, arroser, enlever les pierres, faucher l’avoine…..mère courage, infatigable.
Assis auprès de la source, je somnole ,c’est vrai que c’est crevant mais je suis très content quand même, j’entend une tourterelle sur le vieux frêne ,je regarde ,pas de tourterelle ,mais j’entend son roucoulement, en scrutant les grosses branches dénudées de l’arbre (car les bergers ou les propriétaires de l’arbre coupent les jeunes branches feuillues de l’années pour les chèvres et moutons)et je vois qui pousse le roucoulement en fait c’est un corbeau qui imite le cri de la tourterelle ,se sont d’excellents imitateurs ,le corbeau ,le geai ou l’étourneau sansonnet (azerzour) ,ce dernier est passé maitre dans l’art d’imiter les chants d’autres oiseaux , a tel point qu’il oubli presque son chant lui-même, la grive musicienne (ou grive commune )aussi imite bien ,et a un chant très agréable d’où son nom .Le merle (atawtaw) ,vit prés des points d’eau ,pour l’humidité et le sol détrempé qui lui fourni des vers de terre ,qui en terrain sec serait impossible .
Je les vois souvent sur ma pelouse, le jour de pluie, faire ses provisions, pour faire sortir le ver de terre, il tapote de ses pattes sur le sol …. Pour imiter la pluie qui tombe, le lombric ressent les vibrations et remonte en surface et notre ami le merle s’en saisit.
De grand ornithologues l’on étudié, et je les ais observé plusieurs fois, on hiver il fait comme tout le monde il se rabat sur ce qu’il trouve, ceux qui sont prés de chez moi sont nourri au vieux pain ou de la graisse qui les aide à passer les grandes gelées. En fait les vers de terre, c’est juste une source de protéine pour élever leur petits.
On se remet en route on passe prés du cimetière de vouzebal, et on est prés de tazzrouts £iqla, impressionnante, un genévrier a poussé dessus ,comme ses baies sont inconsommables par chez nous elles tombent, en Angleterre on en fait du gin ,en Allemagne on accommode la choucroute avec ,là ou il est il risque rien ,il a poussé dans une
Faille du rocher, une graine peut être semée par le vent ou un oiseau, ça donne un arbre difforme torturé par le temps.
Ça et là on trouve des bougies fondues, que quelqu’un a mis avec une offrande surement ,une personne qui veut s’attirer les bonnes grâces du rocher saint protecteur du lieu ,quand on est en peine on s’accroche a tout, il suffit de croire et des miracles arrivent parfois .
J’ai dit une fois aux petits cousins qu’il y avait un trésor dessus le rocher, sans jamais dire ou il était, ce n’est pas un canular, j’ai trouvé des pièces d’argent il y a très longtemps, par respect pour le saint lieu, je les ais laissées ,je connais très bien l’emplacement ,elles y resteront.
Maintenant, comme la piste fait un virage en épingle, on est en dessous de tazzrouts £iqla ,là elle est plus imposante, d’une couleur ,marron foncé deux oliviers lui servent de gardes.
Maintenant c’est la descente vers igzer mizav, la route nationale et ses chauffards, des fourgons, autocars, taxi ,camions, tracteurs font leur allées venues a longueur de journée, au grand dam ,des villageois revenant des champs avec leur ânes et chèvres .
Je déteste, la route goudronnée, le bitume chauffé agresse le nez et les yeux, et es gens vous regardent comme si vous revenez de la planète mars, un conducteur de taxi qui lavait son véhicule, prés du pont, me dit « prends un taxi jusqu’au col tirrourda , ça va plus vite, au lieu de te fatiguer a marcher » il a rien compris …je lui ais dit j’y penserais la prochaine fois et je continue mon chemin.
A thouladdhou ,je regarde le champs de mon grand père et des images me reviennent ,en 63,quand je gardais l’âne du grand parent ,cet âne a qui je racontais tout ,car je ne suis pas très causant avec les humains, déjà je chantais seul et a ma façon ,du Karim Tahar ,car il était différent des autres et du Hilmi par ce que ses parodies me faisaient marrer.
Arrivé « ar issefssafen » les peupliers, le brouhaha du village commence a se faire entendre, aux premières habitations ,j’ai remarqué une personne ,que nous avions laissé a droite le matin a changé de place il est a gauche et dans la même posture ,il suit l’ombre, tel un tournesol qui lui suit le soleil ,13 heures a la même place ,il faut le faire, je suis sur qu’il a déjeuné ,au même endroit, ça me rappelle les mexicains dans les westerns ,sous leur sombreros, adossés au mur ……
De l’ancien château d’eau ,jusqu'à la mosquée, c’est plein de monde ,les cafés, sont archi combles pas un morceau de trottoir n’est vacant ,c’est des petits groupes de jeunes ou moins jeunes gesticulant, des cris ,des blasphèmes a tout va ,un claquement sec d’un joueur de domino abattant son rectangle de plastique ,suivi de jurons !! je te défie de passer autrement qu’en voiture par cette rue avec ta famille ou alors très tôt ! ou très tard…….
Il y a quelques années ,écouter même en sourdine , un transistor ,ne serait ce que les informations même en français ou arabe ,a taqouravth ,était impensable ,maintenant c’est des chansons « fadasses « a longueur de journée et a fond la caisse !!
Les mariages ,c’était d’abord le bendir ,et uniquement ,dans la pièce ou était les femmes ,ou la cour, puis la derbouka et la gaita ont fait leur apparition du coté des hommes, des jeunes se sont mit a danser sans honte, après le radio cassette, avec le chanteur en vogue repassé en boucle, avec Taiwan qui nous submerge de gadget les chaines stéréos ,depuis une dizaines d’années « DES SONOS ENORMES »ils sont passés d’une baffle a quatre ,voir six !!!
Sans honte et sans vergogne !! (Voir juste married ou presque)
Les temps et les mentalités changent.
Au mausolée de Sidi Yousef, chacun récupère ses affaires et on se sépare, ma dernière descente ..At. home ! je pense déjà a la prochaine randonnée, âpres demain, par ce que demain c’est vers thamda hemou abdellah, pour que les mômes fassent trempette et montrent leur talent de nageurs, pas moi !je déteste le trop d’eau ,je suis pas une sardine ,je nage comme un parpaing, c’est pas une question de poids……..les baleines nagent très bien……. !!
Portez vous bien et j’espère a bientôt, pas sur le site mais, devant le mausolée, taqouravth.
VESSAOU ATH AAMAR WAALI
J’ai passé un bilan, ce morning du 7 mai 2009,mon sympathique cardiologue, et son infirmière m’ont harnaché de patch et de fils ,comme si j’étais candidat pour un voyage vers la planète mars, ils ont sortis une seringue grosse comme un mortier ,en fait ils ont injecté un produit dans une poche a perfusion ,je suppose qu’on l’appelle comme ça ,je retiens qu’aspirine et doliprane en médicament ,le reste c’est du chinois pour mézigue !
Le but c’est de m’emballer le palpitant ,pour voir sa résistance et sa façon de pomper le raisin ,il l’ont monté jusqu’ ‘a 250 pulsations ,ou plus après j’ai plus osé regarder, au bout du test, t’a l’impression d’avoir fait cette randonnée sans arrêt ,il m’ont dit que j’avais un cœur de vingt ans et que je pouvais faire le marathon de paris ou même new York si je le voulais, mais je me réserve pour vous faire une randonnée ,qui dégouterait même Rambo !!le circuit infernale !
C’est ouvert a tous !je vous ferait pas bouffer des larves ou des asticots mais ce n’est pas loin, pieds tendres et fragiles s’abstenir.
POUR L’ARGOT JE VOUS DONNERAIS UN COUR ,UN DE CES QUATRE !!