Takerboust, est par sa topographie l'un des villages les plus riches en eau. Et quelle eau! Limpide, claire et riche en minéraux. Ici et là des sources d'eau potable jaillissent des entrailles de la terre. Quelques unes de ces sources ont tari, d'autres sont restées jusqu'à nos jours avec – presque - le même débit. L'assif d'Aghvavalou, dont le terme "aghvalou" veut dire "source", est un cour d'eau de plus de 12km, et qui rejoint la soummam à chorfa. Il distribue la source de la vie sur tous les riverains.
Cette richesse en eau s'est traduite par le nombre de moulins à eau connu avant, et qui se succédaient le long de la rivière, qui prend source depuis aghvalou, auquel elle doit son nom.
Tissirt i3ellouchéne.
Tissirt n voutchamar.
Tissirt n 3mer u si hmed.
Tissirt n lhadj meziane u lhoucine.
Les deux premiers ont continué à fonctionner jusqu'aux années 70, situés à assif u fella, par contre les deux autres ont cessé bien avant. Celui des ath si hmed et celui de l'hadj meziane sont dans la partie basse qu'on appelle "aghornize", mot dont le sens nous échappe. La rivière d'Aghvalou est alimentée grâce à la fonte des neiges sur les hauteurs, par les eaux souterraines, et au fur et à mesure par plusieurs ruisseaux tel que "Ahemmal eg ghzer u dafal", "Ahemmal eg ghzer eg zvervour",ces trois ruisseaux sont situés au nord de taghzout e3li, alors que "ighzer mizav" descend de Dehmane est déferle non loin du moulin des "i3ellouchene", plus au sud " Tahemmalt n tazzarin", qui rejoint la rivière non loin de Tissirt n 3mer ou si hmed. "Tahemmalt ne khdach" rejoint aussi la rivière au lieu dit "Ihechchadene" et en fin celui de "ugemmadh" qui prend sa source au nord de vou fekrane, non loin du versant ouest de "mezouaragh". Tous ces rus coulent de sources et rejoignent la rivière sur sa rive ouest. Sur l'autre rive cinq ruisseaux, celui de"aguergour", "3ebdun" "Tahemmalt n Tizeggwarin", "ighzer eg izra n bu t3ewzin", et "tahemmalt n l3inser n tensawt n ath s3id". L'eau y coule au long de l'année, elle fait fonctionner les quatre moulins et irrigue plusieurs potagers. On y cultive tous les légumes, surtout ceux de l'été, comme haricots, piment et tomate, oignon, navet et carotte… et entretient des arbres fruitiers comme le cerisier, pêcher, prunier, abricotier, figuier, vigne, mûrier….etc. Grâce à l'eau de cette rivière on satisfaisait à beaucoup de besoins. Je me souviens que sur le long de la rivière on y réalisait des petites retenues d'eau, à partir de laquelle on la drainait par des rigoles vers les potagers, à tour de rôle. Parmi ces retenues, celles d'ighornizene. En été, les matinées, on irriguait les plantations, puis on se livrait à la pêche des poissons: les truites, les gardons, et les anguilles; comme il arrive que des familles toutes entières y lavent leurs linges, et y les toisons, les étendent à sécher sur les rives et sur les grosses pierres. En hiver on y arrachait les morilles. Depuis le printemps de 1973, assif d'aghbalou, n'est qu'une image de la nature morte: la crue avait emporter le moulin des i3ellouchene, et détruit le conduit de celui de voutchamar. Des platanes, aulnes, ronces couvrent de plus en plus le tracé triste de la crue. Les potagers qui s'alignaient n'existent plus, ils sont envahis par la nature: une poussée dense d'arbres hauts et sauvages. Même les sentiers qui y mènent se sont effacés. Comme disait le grand lounis, (AVRID TTUN MEDDENE YEMGHID LAHECHICHE DI LATHR IS). Les sources où les villageois puisaient leur eau sont nombreuses. Non loin du village, à amrij n tala, deux sources, l'une on la nommait tala issellane. Située au milieu de l'amrij l'autre en haut. Jadis, les femmes du village s'y rendaient… comme on racontait aussi que son nom signifie la fontaines des nouvelles ou encore la fontaine des nouveaux mariés 'islane'. La source dite ''tala n 3ebdun'', qui est en bas de tizeggwarine, tala u quchah aussi se trouve dans la propriété Vés3u n ath e3mer wa3li, actuelle maison de l'hacéne hadj lmouloud. Comme il arrivait souvent d'aller chercher l'eau plus loin jusqu'à "tamda n ssaboune" utilisant des outres en peau de chèvre, jarres et cruches… Pour ce qui est au sujet des moulins à huile, le village comptait… Le moulin de hammou le3rvi: il parait que c'était le premier au village, situé au lieu où se tient la demeure de Takhlicht makhlouf. Puis, celui de lhadj arezki tout à l'extrémité nord du village. L'huilerie de Vava tahar: simple, et très traditionnelle, actionnée avec un mulet, sise dans la maison de son propriétaire à Tazrouts n lgherdh. Le moulin des Imeqdhoudhene: se trouvait à Tineqqichine, à l'extrême sud. Ceux de Achour n ath moqrane, Hmimi n ath e3mer wa3li des ath ssa3di, plus récents, et que tout le monde connaît très bien. Les années 60 tous ces moulins –sauf les deux cités en premiers – travaillent, on voit de loin les fumées qu'ils dégagent, les olives entassées ça et là, chaque paysan son propre tas, souvent avec des signes distinctifs, ou simples numéros. C'est ainsi l'image de la vie quotidienne des takerboustois du temps passé, maintenant, l'eau coule dans les robinets, en plus des publiques réduites à celle de taqwerrabt, de tajma3t, et d'azendjar n tchiha. La totalité des gens a fuit le travail de la terre et l'élevage de bétails. Avant, qui ne possède pas de troupeaux a au moins sa chèvre. Le berger du village, attroupe les chèvres chez lui, gardait et faisait paître à 5 dinars le mois pour une tête, et déjeuner à tour de rôle. Au soir, au retour du troupeau les chèvres se dispersent etrejoignent toutes seules leurs propriétaires dans un vacarme de bêlement qui remplit toutes les ruelles. Comme on entendaient les chevreaux qui répondaient aux appels de leurs mères. Les paysansfellahs possèdent aussi des paires de bœufs, pour une seule et unique raison, les labourages, plus de cent paires rejoignent les hauts pâturage le premier jour de chaque été, une sorte de transhumance pastorale. Une fête du village, les combats des bœufs,… De nos jours plus de bœufs, et même d'éleveurs de moutons. Quelques gens seulement en attachent de l'importance. Ce qui est particuliers chez les takerboustois, on n'aimait posséder que les bêtes à profit immédiat: on n'élève ni juments, ni ânesses, ni vaches et encore moins le cheval. Ce qui explique leur attitude austère, et le refus du superflu… Aujourd'hui, chaque famille possède s'approvisionne en légumes et fruits chez les commerçants fixes et ambulants. Ces derniers étalent leurs marchandises le long de l'artère principale de taqwerrabt, tous y trouvent ce dont ils ont besoin. "Tavhirt n u msedrar teqqwel, d ssouq! Asghar is d taqer3ets n lgaz" chantait F. M'henni.
Laouchedi hamid
01/11/2008
Allah ghaleb …… Nous consacrons beaucoup d’imagination à chercher chez les autres ou dans une espèce de fatalité, la responsabilité de tout ce qui nous arrive ou ne va pas chez nous. On entend à chaque coin de rue, dans les cafés, chez soi, partout « c’est a cause de ….ou de.. » Ou encore et surtout « allah ghaleb ».comment pouvoirévoluer, changer, si l’on parvient à se convaincre soi-même, que l’on n’y peut rien au nom du fatalisme ressemblant plus à de l’immobilisme et a de la paresse. Le soir d’Algérie
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