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Mercredi, Septembre 8, 2010


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IL AURAIT EU  100 ANS

(L’adjudant Aamara Messaoudi)




Il est né le 12 décembre 1909 à Takerboust, fils de Vessaou Ath Aamar Oaali et de Taouès Idjenadhen. Enfant, il était d’après nos proches, très doux et très effacé, rêveur, toujours plongé dans de longs silences.
 .

 En ce temps là, le climat et la vie étaient rudes. Il fallait se lever aux aurores et partir aux champs, sortir le petit bétail, ou être de corvée de fourrages ou de bois en prévision des hivers très rigoureux. Il a échappé à ces tâches très dures en allant à l’école, où il se passionnât très vite pour les études. Il avait enfin trouvé sa voie: il devint très vite un élève brillant selon ses amis d’enfance.


  
Il fallait se lever très tôt. Les vêtements étaient rudimentaires et souvent très lourds à porter, pieds nus pour la plupart, mocassins pour d’autres (ichifaddh), tajelavth, sorte de robe tissée en laine vierge, qui triplait en poids dès que la pluie vous surprenait au dehors, tasthawth, culotte très ample en laine vierge de même que tajelavth (décrit par mon ami et cousin le professeur Laouchedi Hamid).


  Mais cela ne les gênaient en rien et c’est avec gaité de cœur que tous les élèves allaient à cette école.


 
Tout se déroulait pour le mieux pendant des années jusqu’au jour où il fut reçu au certificat d’études primaires, ce qui était très honorifique à cette époque et à cet âge, pour sa famille et pour lui-même, il était le seul reçu !!


 
Mais il déchantât très vite, quand il apprit, qu’il fallait payer pour pouvoir continuer ses études. Mon grand père ne l’entendait pas de cette oreille, il était intraitable et ne voulait plus entendre parler d’études « reste à la maison avec tes frères lui dit il!». C’est bon tu sais lire, à quoi te servirait de continuer plus? Azal ik tsnatt( tu en sait assez) !! Enfin tout était bon pour ne pas débourser «frannk, dourou nagh assordi» (comprendre un franc, un douro ou assourdi, argent en italien)


 
Pendant ses vacances scolaire, il accompagnait donc son père et ses frères, au travail des champs, garder les animaux au près. C’est un jour où mon grand-père, en pleine saison des moissons, les emmenât à Thamorth Gwada, Chakhrene peut être, il lui confia la tâche de faire tourner les bœufs et l’âne dans l’aire de battage. A force de tourner dans l’aire et de suivre les animaux pas à pas, son imagination est partie autre part: il rêvait sans doute de ces pays où on se cultive ou tout est beau tout est facile. Il fallait partir à tout prix!!


 
A cette époque c’était l’après guerre mondiale 14-18. Les français avaient peur et à juste titre d’une autre guerre de ce genre, alors ils enrôlaient de gré où de force des soldats de leur colonies, (VOIR L’EXELLENT FILM «INDIGENES»)


 
Pour mon père la seule solution de terminer ses études et de voir d’autres pays c’était de s’engager dans l’armée Française. La seule issue était celle là !!


 
Il demande à mon grand-père de se faire remplacer pour se reposer et boire un peu d’eau, car à la saison des moissons il fait très chaud et la bale de l’orge ou de blé vous irrite la peau jusqu’au sang.

Il s’assoit sous un olivier, reprend son souffle, et regarde une dernière fois son père et ses frères. Pour lui les dés étaient jetés, il fallait partir…..


 
Il se dirige vers une ravine, mon grand père croyait qu’il allait simplement satisfaire un besoin naturel - par pudeur on évite d’uriner devant les parents- on ne le revit qu’en 1945, dix-neuf ans plus tard!!


 Il s’est dirigé vers Bougie (Béjaïa), plus de 100km plus loin, à pied et sans un sou vaillant en poche, avec ses guenilles. Arrivé au bureau de recrutement, il signe et part sans regrets aucun!! (Je vous reconseille «indigène, ce film est d’une véracité  à couper le souffle).


 
Je passe les anecdotes de sa vie de soldat qu’il a racontés lui-même ou relatées par des compagnons d’infortune.

Il a passé ses permis, accédé au grade d’adjudant, a appris l’anglais, l’allemand, l’italien et le français qu’il parlait couramment. C’était un touche-à-tout, un curieux et un assoiffé de savoir. (Voir ses états de services qui rendraient jaloux plus d’un français de souche).


 
En ce qui concerne son grade, il aurait pu aller au-delà, mais les Français à cette époque ne voyaient pas d’un bon œil les indigènes lettrés ou au même niveau qu’eux, (on verra  au début de la guerre d’Algérie pourquoi...). Un officier lui dit un jour au moment de il lui demanda de signer « pour rempiler » reconduire son engagement : «Vous êtes très bien avec la mère patrie, vous êtes instruit, gradé et adjudant. C’est déjà bien pour un arabe». A cette époque, on ne disait pas kabyle, algérien ou français (on était français…mais dans certains cas seulement, quand il fallait aller se faire tuer, on nous appelait « indigènes, ou arabes», pas algériens sinon on réveillerait notre identité, pas français non plus, on n’était pas à leur niveau.


 
Mon père a eu ce mot le jour de sa démobilisation : «Mon colonel, je ne savais pas qu’en allant libérer votre pays, que vous étiez occupé à envahir et asservir le mien».


 Il revient donc au village qui l’a vu naître; c’était un gamin en partant, c’est un homme athlétique qui revient .TAKERBOUST en ce temps, dès qu’on arrive à Tighilt  Tchekarinne (la colline des sacs pourquoi ce nom???)(1). On pouvait voir tout le village, les maisons basses à tuiles rouge ou de chaume, de la verdure et des arbres partout, la petite ruelle principale qui mène à Tajmaath la place ou les villageois se réunissent, c’est là qu’il débarque, car il avait oublié le chemin qui mène à la maison familiale….


 
Je passe sur sa vie de famille qui ne regarde que nous. Il a commencé par la mosquée qui a été édifié sur ses plans, car c’était un très bon dessinateur et touché à l’architecture aussi, car sortir une mosquée à cet endroit il fallait le faire!! Et d’ailleurs, elle existe encore de nos jours.

 


 Les gens allaient jusqu'à la rivière, pour y chercher de l’eau. C’était souvent les femmes qui étaient chargées de cette corvée, descendre à pic sur environ 4 km remplir des outres en peau de chèvre de plus de 80 litres et remonter cette côte qui m’effraie, maintenant même en montant à vide! Avec une outre qui fuit, lourde, molle et les anses qui cisaillaient les épaules de ces pauvres femmes, c’était comme prendre un cadavre sur son dos, et il fallait faire plusieurs voyages des fois, et on hiver c’était encore plus éprouvant!! Le conseil des sages avait donc décidé de prendre ce problème et de le lui confier. (aujourd’hui a son centenaire  le problème de l’eau est de retour ,il y a de l’eau …..mais elle est polluée ))


 
Son plan était simple faire trois petits châteaux d’eau à Tala n’Dahmane et un grand au-dessus du village et les raccorder avec des tuyaux enterrés, qui partiraient de Tala n’Dahmane jusqu’a la rivière et remonteraient donc au village. Les anciens ont crié au scandale, c’est de l’argent fichu en l’air qu’ils disaient!!


 En fait, il avait appliqué le système des vases communicants : il a bouché les trois petits châteaux  d’eau à Tala n’Dahmane jusqu'à leur remplissage, puis relâchés cette eau qui coule encore de nos jours.


 Au village, il a fait installer des fontaines publiques avec bassin pour abreuver les animaux ,un coin pour laver le linge, Abassal g’zrou, Abassal Tighilt Inourar, Abassal ath aaja, Abassal Tejmaath, un dans chaque quartier, Abassal n’Aaziza est plus récent dans les années soixante (ON DIT ABASSAL POUR BASSIN ,AVROUN c’est de l’allemand Bron = source) l’eau était propre et saine, il n’y avait pas de détergent ,juste du savon «dit de Marseille». Les animaux s’abreuvaient sans risque, et l’eau ne partait pas inutilement elle servait d’irrigation pour les jardins qui entouraient le village.

 
  La partie la plus éprouvante pour lui, je pense, c’est l’association avec mon grand-père maternel. Il s’est carrément ruiné. Je vous explique: mon grand-père devait fournir le terrain (sentant la bonne affaire) et mon père a vendu les meilleurs champs qui lui revenaient de son  père. Avec cet argent il a fait construire une énorme huilerie ultra moderne pour l’époque, avec salle des presses, ou des meules en granit tournaient sans arrêt (et tournent encore de nos jours), salle de décantation toute en faïence blanche avec tout le matériel! Des citernes pouvant contenir jusqu'à trois milles litres, cinq en tout, plus la chambre ou trône un superbe moteur diesel sans démarreur, qu’il fallait chauffer un peu en tournant une manivelle de plus de cinq kilos, dès que le balourd (sorte de roue qui par son poids lançait le moteur) atteignait son niveau il fallait décrocher la manivelle, sous peine de la prendre dans les genoux… il y avait une magnéto, sorte de dynamo pour démarrer mais il fallait pédaler!


  
Après toutes ces installations faites, mon grand-père décide de rompre l’association, en plus de ça de lui retirer ma mère. En fait, ma mère n’avait pas le choix ou elle retournait chez son père nous laissant moi et ma sœur, ou elle restait avec mon père, et dans ce cas elle serait reniée par toute sa famille!


 Il se retrouve donc ruiné avec deux orphelins (plutôt un, moi, ma sœur qui n’avait que quelques mois, ma mère l’avait emmenée). Cet être abject ne lui avait fait aucune concession.

Il s’est retrouvé secrétaire à la mairie de maillot où je l’ai rejoint en 1956 pour très peu de temps, environ une année, car c’est le début de la guerre d’Algérie.


 On se retrouve donc en France (à Courbevoie). Il travaillait dans un garage, un an après, il devient gérant de foyer pour nord africains (les Nordafs), en Boulogne –Billancourt, pas loin de la rue nationale ou siègent les usines Renault. Tout allait pour le mieux. On est resté trois ans environ, mais on lui demandait sans cesse de choisir son camp, être français, pour le FLN ou messaliste, lui ne voulait plus s’engager ouvertement avec personne. Une nuit, un commando messaliste nous a mitraillés. Nous habitions au rez-de-chaussée, plus de peur que de mal (je dis messaliste, car plus de trente années plus tard un des membres du commando a avoué avoir participé cette nuit-là à la fusillade, il s’en vantait même. Il est décédé depuis emportant sa bêtise dans l’au delà!


 Au moment de passer mon certificat d’études, il est venu précipitamment me chercher, à l’école on est parti en prenant …que le strict minimum. Il avait été menacé par ces intégristes d’avant l’heure.

 Direction la Roche-sur-Yon, en Vendée, puis Toulouse, Marseille et enfin Alger!


 Là il a attendu un ordre de je ne sais qui, puis un matin on part direction Sétif, puis Colbert, actuel Ain Oulman, où il a été secrétaire de la S A S (service administratif de sécurité) pour moi bien sur c’était les retards dans les études. Il fallait se réadapter à chaque fois. Un an et demi après, je vois débarquer mon cousin Younès, son père (mon oncle Hamimi et Dda Ferhat son beau-père) c’était d’une part pour lui annoncer le décès de son frère (mon oncle Ahcene) en France, et d’autre part pour lui demander car ils avaient été «missionnés» (merci Rachel) par les villageois, qui lui demandaient de revenir au village pour y être élu maire. POUR ÊTRE SÛR, ils m’ont pris avec eux, comme otage ou monnaie d’échange.


 
Quelques mois plus tard, il arrive à ce village auquel il tenait tant. Il a été élu maire d’emblée, un cadeau empoisonné en fait ; il était pris dans l’étau entre le FLN qui le prenait pour un rallié de la France (un vendu) et la France qui le soupçonnait de travailler avec le FLN. C’était la période ou régnait au village une terreur immense, un mercenaire du triste nom de JACTEL, lieutenant de la SAS du village semait la panique sur les villageois. Il ne s’entendait pas du tout avec mon père, avec cet homme qui osait lui répondre, avec un excellent français ou un allemand que lui-même ne maitrisait pas malgré sa nationalité. 


 
Son premier travail, c’était de mettre fin au travail gratuit auquel étaient soumis les villageois. Les indigents (il y en avait beaucoup en ce temps) avait droit à une allocation, ainsi que les handicapés, puis des rapports incessants pour faire muter le mercenaire Jactel. Il a réussi à en débarrasser le village. Tout le monde le sait, et on peut le dire aujourd’hui, qu’il avait travaillé avec le FLN: il lui avait amassé de grosses sommes d’argent, du ravitaillement et des renseignements. Il avait fait beaucoup et au péril de sa vie, car il était très surveillé, plus que peut l’être un villageois lambda. Il y a encore beaucoup d’anecdotes à son sujet pour cette période, mais je fais juste un résumé, ça prendrait énormément de temps à tout raconter.


 
Puis vint, le cessez le feu, je me souviens très bien. Il avait organisé une énorme fête et un immense repas, auquel était convié le village entier, pour accueillir les moudjahidines de retour du maquis, et tout se passât bien.

C’était la période de règlement de comptes, avec les alliés de la France, les harkis, goumiers, collabos en tout genre, se faisaient trucider à chaque coin de rue, emprisonnés. Certains ont fuit ,il fallait prouver qu’on avait travaillé pour le FLN ,pour le pays, mon père était confiant, mais mal lui en prit, car deux moujahed (si on peut les appeler ainsi) dont un de notre propre famille, un cousin très proche, avait projeté d’élire l’un d’eux maire à la place de mon père. Je vous explique: toutes les preuves existantes, écrites qui prouvaient que mon père avait travaillé et aidé le FLN étaient chez un beau-frère. Les deux sbires se sont montrés menaçants et n’avaient pas eu grand mal à récupérer les dites preuves, à les détruire ou les garder par devers eux. Mon père a été piégé, par excès de confiance, dans la belle famille et des cousins. C’est en 1963, que mon père se retrouve secrétaire d’un maire, illettré accompagné de son garde champêtre, qui géraient le village selon leur volonté!


 
Il a travaillé ainsi quelque mois, supportant la bêtise et l’ingratitude des gens qui étaient prêt à applaudir n’importe qui. Il avait péché par excès de confiance comme d’habitude, il l’avait appris a ses dépens ,mais c’était trop tard. mais il ne voulait pas jouer le larbin de ces énergumènes, Un matin il monte dans sa méhari et part à Alger. On ne le revit plus jusqu'à ce que des émigrés de retour au village nous aient appris qu’il était en France. Il nous a laissé ma sœur et moi et mon jeune frère. Ma sœur et moi repartîmes chez mon grand-père maternel, moi j’ai reçu une lettre avec 4OO francs pour me dire de prendre un billet et le rejoindre en France.

 


 EN France, il avait travaillé quelques temps dans le 19e arrondissement, puis il a quitté la capitale pour s’installer à Creil dans l’Oise. Il a conduit et manipulé le camion radio de la médecine du travail, de 1964 à1973, c’et lui qui passait les radios aux ouvriers, dans les usines dans ce département.

 Son f2 était spartiate, un lit, une table et des piles de livres partout! Une radio, car il détestait la télévision qui était pour lui une perte de temps de regarder ces âneries!


 
Il a commencé a apprendre le russe à 61 ans passés. Quand je lui ai demandé à quoi ça lui servirait, il m’a répondu: «Quand je serais mort, les vers ne mangeront pas un imbécile »


 Il adorait mijoter sa cuisine, ne mangeait jamais des trucs vite fait mal fait, buvait c’est vrai mais avec modération, beaucoup plus en connaisseur qui savoure un bon vin que par habitude en buvant n’importe quelle vinasse! Son plus gros défaut et celui qui a eu raison de sa santé, c’est la cigarette. Ces cigarettes qu’on leur donnait à l’armé pour mieux les tenir. Il est revenu avec ce vice de la guerre, et jamais il n’a put arrêter. Il toussait très fortement, avait des bronchites souvent. Il avait ses cartouches de cigarettes partout. En 1971 et 1972, il a fait le tour de l’Europe avec sa Renault 4. Il a été émerveille par un pays, la Yougoslavie!! Il parlait un peu le serbo-croate et le turc.


 
Je n’ais que des photos d’identité de lui. Il détestait poser ou fanfaronner ses voitures? Dans les années 4O, une Juva 4, pendant la guerre d’Algérie, une Méhari, et les années 60, 70 UNE RENAULT 4. Mais il avait tout ses permis.

La cigarette comme je vous l’ai dit a eu raison de lui ,il était souvent essoufflé ,peinait a travailler ,en 1956 ,quand on était a maillot ,du haut de mes neuf ans ,je voyais ce géant qu’était mon père fumer ,des gens fumer ,des soldats fumer ,je croyais qu’on devenait très important en fumant et en rejetant de la fumée comme une cheminée ,un jour j’ai ramassé un mégot ,qu’un soldat de passage a jeté et je l’ai porté a ma bouche et commencé a tirer des bouffées ,il était derrière moi ,j’ai senti sa main sur mon épaule et d’un air menaçant ,me dit « ça !faut jamais y toucher !! tu as compris ?? »bien sur que j’ai fumé, mais jamais devant lui , même adulte ,quand il venait chez moi je retirait tout les cendrier et mégots, mais il le savait très bien .


 En mai 1973,il rentre a l’hôpital de senlis dans l’oise ,en juillet il est transféré  à l’hôpital de « l’hôtel Dieu » a paris il décède  le 10 juillet 1973 ,son corps a été rapatrié a Takerboust nous l’avons accompagné mon cousin omar et moi même ,pour qu’il soit enterré sur la terre de ce village a qui il avait consacré son temps et sa vie ,au détriment de sa vie de famille et de celle de ses enfants ,il repose depuis sur ce qui était un cimetière de famille et qui est devenu un tombe prise en étau par des du béton ,on envisage de lui donner une tombe décente ,je pense très bientôt.


 Beaucoup de villageois parlent encore de lui en bien ,de ses bon mots car il aimait plaisanter ,quand il trouvait bonne compagnie ,ne détestait pas jouer du banjo ou de la mandoline ,il adorait le chaabi de l’époque ,aimait le café et le thé ,les parties de dominos ou de cartes des fois avec ses amis.

 Il aimait le mystérieux , lisait beaucoup les livres de sciences occultes ,de magie ,


 A la maison, racontait ma tante il endormait les poules (ce qui est très facile maintenant ,la poule vous la mettez sur le dos ,vous la caressez sur la poitrine elle s’endort !!

Il accumulait les diplômes tout était bon, architecture ,dessin industriel  ,radiesthésie ,sourcier ,dépanneur- radio  ,celles de l époque avec de grosses lampes et j’en passe !!


 
Pour ce qui est de la religion ,même si il avait lu le coran ,et qu’il parlait un arabe littéraire tres bien , il n’a jamais été vraiment religieux ,sans dénigrer ou gêner les autres ,quand on lui demandait combien de fois il avait fait le ramadan il répondait en souriant « Dieu me doit trois jours » il n’avait fait que trois jours a l’adolescence pris de vomissement il a abandonné ,puis a l’armé pendant la guerre c’était pas vraiment le lieu et le moment ,puis la cigarette l’empêchait de le faire ,mais jamais au grand jamais ,il n’a gêné personne ou personne ne l’avait vu manger ni a la maison ou au dehors .

Mais je peux vous dire que la religion hindou lui était très  familière, il aimait la philosophie hindou et bouddhiste.


 A chaque fois que je retourne au village ,les anciens me prennent et m’en parlent ,avec beaucoup de regrets ,mon ami hemmou ou ikene ,ou chirou ,ne soyez pas méprisants ,me parle avec ses mots ,les faits d’armes de mon père et ne se lasse pas d’éloges ,et la larme a l’œil ,avec un brin de nostalgie aussi ,un grand merci a eux tous .

 


 Mes regrets c’est que je l’ai pas assez connu ,malgré ces quelques années passées avec lui ,que ma gentille sœur ,décédée ,ne l’as pas connue aussi ,et que notre frère ,ne l’as vu qu’au travers d’une lucarne de son cercueil.

 

Aujourd’hui le temps a passé, nous ne demandons, rien ,nous ne revendiquons rien non plus ,il a aimé son village et ses gens ,il a toujours donné son demander quoi que se soit en retour ,c’était pas le genre a s’enrichir et a spéculer sur le dos des pauvres ,ayez juste une pensée pour cet homme au chapeau qu’on voit un peu partout.


 
 Un conseil à donner ,ne faites pas trop confiance ,gardez une réserve ..      

                    A Soissons ,le 11décembre 2009  pour ses enfants ,petits enfants et arrière petits enfants ,sa famille et ceux qui l’aimaient

               Vessaou ath aama waali   

Témoignages  et preuves

Quartier Général d'Artillerie

46eme Bataillon d'Artillerie de Terrain

25 oct. 1944

Sujet: demande d'engagement

Au :(destinataire anonyme)

 Le messager, Messaoudi Amara, a demandé de joindre mon organisation / mon groupe à proximité  de Maseville, France, en 20 août 1944.

Je l'ai accepté puisqu'il s'est avéré qu'il est d'une grande valeur pour le service.

Nous avons combattu sans cesse sur les lignes du front. Malgré le danger, ce soldat a continué de montrer sa loyauté et son courage.

En raison de sa capacité de parler le français et l'allemand, nous avons obtenu beaucoup d'informations importantes de la part des prisonniers qui nous ont aidé directement.

Je ne peux qu'apprécier les services de ce soldat si vous prépariez son insertion et si vous faisiez quelque chose pour l'aider en contrepartie de ses services qu'il nous a offerts loyalement.

 

 

George S.Polich

  Les oeuvres de Amara Messaoudi dit l'adjudant

 

(1) .Tighilt tchekarin : le lieu sis au dessus du village de takerboust au lieu dit iger gwewtul ,nomé tighilt tchekarin c'est le lieu ou se rassemble les sacs (ichekarine) des de figues sèches(inaghman) et autres produits des agriculteurs au bord de la route (Rn:15 Maintenant) qui mène à tizi ouzou à droite ou vers le haut on passant par le cold de tirourda  et à gauche à la vallée de la soummam vers le bas chorfa tazmalt et autres .déstinés à la vente ou échange dans marchés .
(tahar ikache )

(cliquer pour agrandir la photo)
              

Allah ghaleb ……
Nous consacrons beaucoup d’imagination à chercher chez les autres ou dans une espèce de fatalité, la responsabilité de tout ce qui nous arrive ou ne va pas chez nous.
On entend à chaque coin de rue, dans les cafés, chez soi, partout « c’est a cause de ….ou de.. » Ou encore et surtout « allah ghaleb ».comment pouvoir évoluer, changer, si l’on parvient à se convaincre soi-même, que l’on n’y peut rien au nom du fatalisme ressemblant plus à de l’immobilisme et a de la paresse.
Le soir d’Algérie

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